Club Med en tribu (épisode 2) – les joies du voyage

OU comment réussir la grande expédition  (10 heures de voiture – une tribu de 5 enfants allant du bébé chouinant à l’ado geekant –  un SuperChéri au volant – une Klet Mariette au taquet – le tout sans te jeter par la fenêtre à la première aire d’autoroute)

Résumé des épisodes précédents : Il y a quelques mois, après une première expérience plutôt concluante, SuperChéri et moi avons opté pour un bon plan vacances : le Club Med à Valmorel … à 7. Le jour J est enfin là, reste à arriver sur place. Et ça, c’est déjà un exploit.

C’est l’heure du grand départ. Cela faisait des mois que SuperChéri faisait monter la sauce. La tribu est donc au sommet de l’excitation. Ca saute dans tous les sens. Et vas-y pour faire grimper 5 gosses bondissant dans une voiture, archi-pleine (enfin presque, SuperChéri s’est fermement opposé à l’option valises débordant de partout et couvertures pour obscurcir les fenêtres).

Je te dois une petite précision. SuperChéri est amoureux de sa voiture. On ne peut pas la toucher. On ne peut pas la conduire. On ne peut pas la salir. On ne peut pas la critiquer.

(Donc tu liras entre les lignes).

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Cette affaire partait mal, mais tu connais un voyage en voiture au long cours qui part bien toi ?

Il y a d’abord l’heure de départ. L’éternel débat. Tôt le matin, à la fraiche, histoire de faire terminer la nuit aux petits et de profiter du calme du début de journée ? En début d’après-midi, pour qu’ils fassent la sieste à bord ? En fin de journée, pour qu’ils soient déjà crevés (et s’écroulent donc de sommeil) ?

Tu hésites ? Nous, on a tout testé.

La solution?

Ben chez nous, il n’y en a pas. (Désolée, je t’aide pas trop sur ce coup là) Chez nous, ça chouine à toutes les heures du jour, et de la nuit. Donc on part quand on peut, quand c’est bouclé, et quand on le sent le mieux.

Une fois notre voiture chargée à bloc, les cinq enfants harnachés dans une configuration longtemps étudiée, on démarre dans la joie et l’allégresse.

SuperChéri me lance un regard de feu :  » Tu veux faire le tour du monde? Et bien on va commencer par 1000 km ».

Au bout de 100 mètres, au premier feu, Mistinguette nous lance un tonitruant  « On est déjà  arrivé ? « .

J’en profite pour sortir mon joker : ma carte de France. Avec des dessins à chaque ville, pour pouvoir expliquer où on est sans devoir le montrer, histoire de s’éviter le torticolis de la mère qui a passé tout le trajet à se retourner.

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(Non, mes connaissances de géographie ne sont pas aussi catastrophiques qu’elles en ont l’air, Valmorel n’est PAS à côté de Montpellier, je sais bien, mais la première étape de nos vacances se passait chez la maman de SuperChéri, en Camargue…)

J’ai préparé mon voyage comme un exam’ de linguistique historique (les romanistes comprendront).

J’ai dévalisé trois librairies, épluché les résultats « passe-temps de voiture » sur Pinterest et installé un garde-manger qui nous permettrait de tenir 10 jours dans le désert de Gobi sans sortir de la voiture.

Je prévois de sortir mes cartouches petit à petit, on est jamais trop prudent.

Mais je n’avais pas tout prévu.

Je n’avais pas prévu par exemple que GrandKet, mon ado de beau-fils, décide discrètement d’enlever ses chaussures pour être plus à l’aise. Imité aussitôt par Monsieur Rêve, mon pré-ado de beau-fils.

Des baskets. D’ados. Portées jour et nuit (ou presque). Parfois sans chaussettes.

Voilààààà, tu as compris. (Décidément, tu lis  drôlement bien entre les lignes.)

SuperChéri, commençant un sérieux rhume (qui n’allait plus le lâcher jusqu’à la fin du séjour, grand bien lui fasse dans ce cas précis) ne capte pas l’affaire.

Moi oui. Et très rapidement.

GrandKet trouve ça hyper drôle. Il essaye même de me mettre les pieds sous le nez pour que j’en profite (à cet âge là, ils sont encore très souples).

Face à mes cris, il sort alors son arme fatale. Son déo. (Chez nous, les ados sont très coquets).

Et avant que j’ai le temps de protester, il appuie joyeusement sur la gâchette de son Axe Fraicheur Marine.

Je lance un regard désespéré à SuperChéri, qui se mouche bruyamment, et n’a donc pas humé l’affaire.

Nous nous retrouvons dans un mélange étrange de fumet de fromage et de brise marine synthétique.

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A Champion, soit à 57 km de chez nous, Mistinguette nous demande si on est déjà au dessin de l’arbre (soit à Macon, 602 km plus loin).

Dix km plus tard, Pimprenelle, 15 Mois, se met à tester la résistance auditive des passagers en se lançant dans une mélodieuse série de vocalises larmoyantes.

Nous changeons de place Monsieur Rêve et moi. Plus ou moins à l’arrêt (Non, je ne suis pas un exemple incarné de sécurité routière)

Le premier stop est le bienvenu.

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30 km plus loin…

MISS PAPOTE (discrètement, depuis le dernier rang) Papaaaaaaaa.

NOUS (suspicieux) Oui ?

MISS PAPOTE (encore plus discrètement) Doudou Lapin est resté dehors.

Au premier rang, étranglement.

Au troisième rang, Mistinguette retient son souffle, les yeux déjà plein de larmes.

(Doudou Lapin, c’est le 8ème membre de la famille, celui sans qui Mistinguette refuse de marcher, dormir, manger, se consoler, bref, si on PERD Doudou Lapin, on OUBLIE tout simplement la perspective de passer 2 semaines de vacances normales)

MOI (n’osant croire au drame qui s’annonce) Dehors ?????

SUPERCHERI (freinant bloc) DEHORS !!!

Parking d’urgence. On sort comme un seul homme de la voiture, fouille complète du deuxième et troisième rang. On trouve enfin le Doudou.

Soulagement généralisé.

Les ados remettent leurs casque. Pimprenelle se remet à chouiner. Bref, tout va bien.

L’affaire commence à se compliquer quand le chouinage de Pimprenelle se transforme en une sorte de miaulement aigu.

Nous rechangeons de place. Je tente de la prendre dans les bras sans la sortir de son siège. (Manoeuvre hautement compliquée)

SuperChéri se mouche pour cacher son énervement. GrandKet augmente le volume de son casque pour mieux entendre (et nous faire profiter) de la voix harmonieuse de Maitre Gims. Mistinguette me signale, très inquiète, que sa petite soeur pleure, pensant probablement que sa mère est complètement sourde.

Dans ces moments-là, tu essayes n’importe quoi pour calmer ton enfant chéri. On te dirait de danser le kazatchok sur la tête en gonflant un ballon baudruche que tu le ferais sans hésiter.

Je sors d’autres jokers. Quelques playmobils.  Avec lesquelles elle joue douze secondes et demi avant de les laisser tomber à fréquence régulière pour tester d’une part mes réflexes, d’autre part ma capacité à me contorsionner (tout en restant attachée) pour aller les récupérer en-dessous du siège avant.

Je sors ma petite librairie. (Enfin petite…)

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A commencer par les livres sonores. J’avais notamment acheté le live des oiseaux, me disant que le chant du rossignol et le hululement du hibou créeraient une agréable ambiance bucolique dans notre petit habitacle surchargé et surchauffé (mais très joli, bien sûr SuperChéri).

Sauf qu’après avoir appuyé une dizaine de fois sur le pigeon et le pic-vert, Pimprenelle finit par envoyer le bouquin sous le siège avant (là donc où se trouve la Maman Playmobil que, malgré plusieurs années de yoga, et la maîtrise presque parfaite de la posture du cobra – niveau intermédiaire- je n’ai jamais réussi à récupérer).

On en arrive donc au tout dernier recours. Je prends tout ce qui me tombe sous la main pour essayer de la distraire et de faire taire ses couinements insupportables …

Après avoir appelé la moitié de mon répertoire, mâchonné le bracelet de ma montre et manqué de démonter ma paire de lunette de soleil, Pimprenelle se décide enfin à fermer un oeil, puis un deuxième. Alors bien sûr, elle se réveillera en hurlant à chaque péage, mais on est déjà sur la bonne voie non ?

Mistinguette aussi a droit à une mise au lit en bonnes et dues formes, sur son siège pas vraiment fait pour dormir.  Elle me demande de rester dans le couloir, je lui réponds t’inquiète, je reste même dans la voiture.

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Sauf qu’elle n’a pas envie de dormir. Elle a envie de parler. Et crois-moi, une 3 ans qui parle, dans une voiture, à 22H, après 8H de trajet en tribu, ça finit franchement par taper sur le système de tout le monde  n’est ni le lieu, ni l’heure.

Les deux dernières heures m’ont paru interminables, moi la pseudo-voyagère au long cours, négociant de manière scandaleuse le silence de Mistinguette (à la dernière enchère, j’en étais à une demi-journée de dessins animés et une semaine de trois chiques et trois chocolats comme dessert), tout en tenant la main de Pimprenelle qui ronflotait pas suffisamment profondément, tout en me pinçant le nez, tout en jetant un oeil sur le GPS pour calculer toutes les 3 minutes le nombre d’heures de calvaire qui me restait…

Quand enfin nous arrivons à destination, j’exulte, je saute sur place, je danse le kazatchok (mais tout ça juste dans ma tête).

Et puis j’avise SuperChéri d’un oeil cerné, le torticolis naissant, le dos en compote et l’air chiffonné :

« Dis, j’me disais, un tour du monde, on peut faire ça aussi quand on est retraité, non? « 

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3 réflexions sur “Club Med en tribu (épisode 2) – les joies du voyage

    • kletmarietteetsatribu dit :

      Heureuse de t’avoir fait rire aux larmes… ce serait pas un peu du vécu pour toi aussi ? 😉 Et en effet, ce récap’ m’a même DONNE envie de repartir de ce pas… (on vient d’ailleurs déjà de réserver pour l’année prochaine, cette fois en Italie et … avec au moins 100km de trajet supplémentaire, ouais, même pas peur !)

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