Le syndrome de la plaine de jeux

OU cette question existentielle : détester les plaines de jeux fait-il de toi une mauvaise mère ?

Je sais pas toi, mais moi, dans la panoplie des activités passionnantes  des week-ends, il y en a une que je redoute tout particulièrement.

La plaine de jeux.

Je fais un sérieux blocage. SuperChéri est très compréhensif. Et  puis lui, il ne fait aucun blocage. C’est en général lui qui gère ce genre de réjouissance.

Car moi, je déteste aller à la plaine de jeux avec ma tribu.

(Ca y est, je l’ai dit. J’espère que tu es pas trop choquée.)

Oh bien sûr, j’adore voir la fierté de mes petits qui réussissent à grimper sur l’échelle/le toboggan/le brol qui bouge. Leur joie quand ils glissent vite vite tout en bas. Leur sourire quand ils plongent les mains dans le sable plein de microbes.

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Chaque fois que j’y suis, je me dis que c’est pas si terrible que ça, en fait.

Mais je ne parviens pas à surmonter ce blocage.

Franchement, il y a des parents qui s’épanouissent vraiment en accompagnant leurs gosses dans ce genre d’endroit?

Première grande question existentielle : pourquoi du sable ?

Il y a des revêtements extra, où on peut tomber sans se faire mal. Mais pourquoi certaines plaines de jeux s’obstinent à garder leur sable ? Il faudrait les bannir, les boycotter, les dénoncer. Franchement, les concepteurs de plaines de jeux, ils réfléchissent un peu à l’aspect pratique des choses ? Ou alors ce sont les potes des concepteurs de poussettes (tu sais, ceux qui n’ont pas d’enfants ou alors ne s’en occupent jamais vraiment dans la vraie vie ?).

Parce que, malgré tes recommandations discrètes mais fermes, ton petit va de toute façon en ramener un demi-kilo à la maison. Tu auras beau vider les chaussures, les chaussettes et les plis du pantalon comme une Mamy maniaque, devant la plaine de jeux, il y en aura de toute façon partout chez toi. Dans ton salon. Dans tes canapés. Dans ton lit.

Mais comment ce sable arrive-t-il jusque là ? Quelqu’un pourrait enfin m’expliquer ce grand mystère de notre vie de Maman Guerrière ?

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Et puis toi, tu auras beau aller à la plaine de jeux avec des bottines de ski, à un moment, tu vas devoir marcher dans ce sable, pour porter ton chéri au-dessus du toboggan. Et là, ce sable insidieux et sournois  va aussi rentrer dans tes chaussures à toi, entre tes orteils, partout. Et tant pis pour toi.

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Deuxième grande question existentielle : pourquoi les jeux ne sont pas VRAIMENT conçus pour les enfants ?

Parce que les enfants, ils finissent toujours par se prendre une balançoire en pleine figure. Parce que les brols qui bougent, tu sais la fausse voiture rouge sur un gros ressort bleu, les enfants, ils savent jamais monter seul dedans. Parce que la première marche pour monter sur le toboggan, elle est toujours trop haute pour les tout petits.

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Alors moi, je dis stop. Franchement, en 2016,  on envoie des gars vivre dans l’espace, on peut téléphoner sans les mains à l’autre bout de la terre, on invente des trucs de dingue, et là, rien, aucun progrès en un demi-siècle. On peut pas mettre des ingénieurs sur le coup?

Parce que du coup, qui doit porter son enfant 42 mille fois sur la première marche du toboggan, sur la voiture rouge qui bouge sur son ressort, ou consoler le gros chagrin (en culpabilisant à mort de pas avoir vu l’accident de  balançoire arriver) ? Hein ? qui ?

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Troisième grande question existentielle : Pourquoi tes enfants ne jouent pas tranquillement dans leur coin pour te laisser, toi, tranquillement sur ton banc ? 

Pour vaquer à tes occupations à toi.

Genre bronzer. Genre bouquiner. Genre siester.

Tu sais, tous ces trucs qui te semblaient complètement normaux avant d’avoir des enfants et qui sont devenus le St Graal de la Maman Guerrière.

Ben non, c’est absolument impossible, pour toutes les raisons sus-mentionnées.Et parce que MEME si ton enfant arrive à monter sur le toboggan tout seul sans se prendre une balançoire dans la figure, un demi-kilo de sables dans les baskets, il y a toujours un moment où il hurlera « Mamannnnnnn regaaaaaaaaarde-moiiii ». Il y a toujours un moment où tu devras faire des grands signes. Il y a toujours un moment où tu devras bondir pour éviter une catastrophe.

 

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Et au final, entre tes bondissements, tes grands signes et tes sauvetages in extremis, tu oublies complètement tout espoir de transformer ton teint cireux en jolie mine hâlée/piquer du nez cinq minutes/lire plus de trois lignes de ton bouquin d’une traite.

 

Quatrième grande question existentielle : pourquoi les gosses ne veulent JAMAIS quitter les plaines de jeux sans piquer de groooooosssses colères ?

Et pourtant, tu les préviens. Une demie-heure avant. Dix minutes avant. Puis cinq minutes avant. Cinq minutes qui s’allongent et se répètent.

Mais cette affaire finit toujours mal. Et tu as sur toi tous les yeux des autres parents, sourcils froncés ou sourire en coin.

Et tu te retrouves à promettre des trucs incroyables pour les convaincre de partir. « oui ma chérie, allez, si tu descends de ce … machin qui bouge, tu pourras regarder deux fois Petit Ours brun à la ferme… non pas avec des bonbons… bon ok, mais pas trop alors »

 

 

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Mais alors … Comment résoudre ce problème de la plaine de jeux ? 

Voici quelques suggestions, (donne-moi les tiennes si tu en as d’autres…) :

-payer grassement quelqu’un pour y aller à ta place (et culpabiliser très fort)

-lancer une pétition pour que chaque commune engage un Monsieur Plaine de Jeux (qui, au hasard, ressemblerait à … Chaipasmoi…. George C ? ), histoire de pouvoir te la couler douce sur un banc, à admirer  de jolis mollets et de gros biscottos   ta progéniture, sans bouger un orteil

-renoncer à ta dignité, à tes bottines de ski et  te jeter à corps perdu toi aussi dans les toboggans et les bacs à sable. Option que j’ai d’ailleurs déjà testée : le bilan après deux toboggans, et les regards choqués des Mères Parfaites assises sur les bancs, en stilettos,  occupées à tapoter  sur leur smartphone : un coude éraflé par les parois dudit toboggan défilant à une  vitesse fulgurante,  du sable jusque dans mon pantalon (et ma culotte, ben oui), une perte temporaire de l’audition de mon oreille droite, en raison des cris stridents de Pimprenelle qui me signifiait ainsi vouloir recommencer tout de suite et encore plus vite,  et une légère envie de vomir (un toboggan qui va vite, ça peut te retourner l’estomac).

Bref, je ne vois donc qu’une seule solution : prendre sur toi, comme bien souvent, et te dire que, finalement, leurs si jolis sourires valaient bien l’effort… non ?

 

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2 réflexions sur “Le syndrome de la plaine de jeux

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