Education positive : version Klet

OU mes commandements à moi pour élever le mieux possible ma tribu dans la vraie vie

C’est le thème du mois de septembre des copines #Belgo Mums : nos références en terme d’éducation.

Et l’éducation, c’est pas une mince affaire, tu le sais. En plus, c’est une affaire très perso…  Rien de plus exaspérant que les donneurs de leçons, les regards suspicieux d’autres parents ou les conseils culpabilisants et impossibles à suivre dans la vraie vie…

Car chacun, vraiment, fait comme il peut… Et c’est très bien.

La psychologie des enfants, les bouquins de spécialistes, les blogs d’éducation positive, les livres d’activités Montessori, les conférences (chez Parents-Thèses par exemple), j’adore, je pourrais passer mes journées à ne faire que ça…

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Mais dans la vraie vie, l’éducation positive, j’y arrive pas toujours, je m’interroge, j’hésite, je remets en question.

Voici donc mes principes à moi, que j’applique comme je peux, et qui évolueront encore… Car plus on avance, plus on réalise qu’élever des enfants, les tirer vers le haut, c’est une équation difficile, peut-être impossible, entre les principes, les idéaux, les valeurs… et la réalité.

Des principes très personnels et certainement incomplets et imparfaits… Mais peut-être t’y retrouveras-tu un peu, beaucoup, ou pas du tout …

1. Pour bien se séparer, il faut d’abord bien fusionner. 

Quand tu portes ton enfant, ou que tu l’allaites à la demande, ou que tu ne le laisses pas pleurer, aussi petit soit-il, tu entends toutes sortes de commentaires.  « Il ne faut pas porter son bébé car il va s’y habituer… »  « Il faut le laisser pleurer, cela développe ses poumons… »  « Il  ne faut pas l’écouter, il fait des caprices… »

Selon Isabelle Filliozat, les caprices n’existent pas, ils ne sont que des expressions de nos enfants que nous les parents ne comprenons pas.

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Et moi non plus, je pense pas qu’un nouveau-né s’habitue aux bras, ni qu’il pleure pour nous manipuler. En tout cas j’ai toujours considéré que mes tout petits avaient avant tout besoin d’amour et de tendresse, pas d’être dressés à rester seuls dans leur lit sans pleurer…

Une sage-femme épatante, Brigitte, m’a soufflé un jour que : « pour bien se séparer, il fallait d’abord avoir bien fusionné »…

Depuis j’essaye de les sécuriser au maximum, en fonction de leur âge, de leur personnalité, de leurs besoins, pour les aider à devenir autonome, petit à petit, mais avec un réservoir de sécurité intérieure le plus rempli possible…

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Leur apprendre à faire tout seul, sans les surprotéger, et faire confiance à leurs ressources et leurs capacités. Car c’est en croyant moi en eux que je les aiderai à croire eux-aussi en eux.

2. Ne pas mettre de couvercle sur leurs émotions 

Comme je l’ai déjà expliqué ici et ici, je tente d’écouter les colères, tristesses et peurs, de leur permettre de les exprimer, et surtout de les gérer. J’y arrive pas toujours, c’est vrai.

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Pour les larmes notamment. Qui n’a jamais demandé à son enfant de ne pas pleurer ?

Une lecture a changé ma vision des choses.

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Selon Amanda Solther, les larmes ne sont pas la cause de la tristesse. Elles ne sont que le symptôme.  A nous parents de petits d’en comprendre la véritable cause pour la soulager.  Et si elle est pas claire, on peut alors simplement accueillir les larmes de son enfant, avec le plus d’amour et de bienveillance possible… Car après tout, même à nous adultes, cela fait du bien parfois de pleurer, non ?

Une approche assez déstabilisante, pas toujours simple à appliquer. Mais qui a le mérite de remettre certains réflexes en question.

3. Parler et tout dire

Leur parler, dès le début. Leur dire les choses, avec leurs mots à eux.

Répondre aux questions avec franchise. Les écouter, les entendre. Les aider à dire ce qu’ils sont sur le coeur. Etre dans un vrai dialogue.

Tout leur dire, sans anticiper non plus. Tant qu’il n’y pas de questions sur certains sujets, je ne vois pas l’intérêt de leur parler de certaines réalités plus difficiles.

Parler de soi aussi. Ne pas cacher à tout prix sa tristesse, sa colère ou ses regrets. Oser dire qu’on est désolé.

 

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Et puis leur raconter le monde, le ciel, la vie comme elle va, les arbres, les magasins, la poste, les abeilles, les disputes, les légumes qui poussent dans les champs, la mer et ses marées, le travail des grands, et toutes les petites choses magiques …

Et leur dire souvent combien on les aime…

 

4. Respecter les limites de chacun

Respecter le plus possible leur rythme, leurs émotions et leurs envies. MAIS sans les laisser devenir les rois, et en respectant NOS limites de parents.

Car quand c’est non, c’est NON. Même si parfois c’est dur de s’y tenir. Je tiens beaucoup à rester cohérente par rapport à mes nons … D’autant que je suis convaincue que les limites sont indispensables … et rassurantes pour nos enfants.

Respecter les limites, c’est aussi les respecter dans leur identité et pour moi, ne jamais avoir recours à la violence. Même anodine, même verbale. Les petites tapes, les petites insultes… rien, absolument rien. Je ne crois pas qu’on retienne et comprenne mieux les choses quand on passe par la violence… Et puis je ne veux pas que mes enfants aient peur de moi. J’ai à coeur de mettre mon autorité ailleurs que dans la violence ou le rapport de force.

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5. Les aider à devenir eux-mêmes

C’est peut-être là le sens le plus profond que je mets dans l’éducation, les aider à devenir qui ils sont vraiment, au plus profond d’eux. Les aider à exprimer leur talent bien à eux, leur étincelle, leur lumière. En plus des outils qu’on tente de leur transmettre pour affronter le monde, leurs émotions, les difficultés et les beautés de la vie, il y a aussi cette envie de les aider à devenir eux.

En leur faisant confiance, en les prenant au sérieux, sans se prendre trop au sérieux.

Et puis en ouvrant le plus de portes possible vers l’ailleurs, le différent. En leur apprenant le respect de toutes ces différences.

En favorisant le rêve, l’imaginaire, la créativité, le jeu.

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En faisant découvrir le monde, la nature.

En lisant des livres et racontant des histoires.

En les aidant à croire en leurs rêves.

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Et puis les aider à devenir eux-mêmes, c’est peut-être aussi avant tout être soi-même, car nos enfants nous regardent, et nous leur transmettons tellement… à notre insu…

Mais il y a un dernier principe, auquel j’essaye toujours de revenir, au-delà des règles, des conseils et des méthodes : écouter son instinct

Il y aura toujours des pistes, des idées à picorer un peu partout, il y  a des bouquins éclairants, les conférences, il y a des conseils plein de bons sens, il y a les amies, les médecins, les grands-parents. On écoute, on s’en inspire, on applique… ou pas.

Car le meilleur conseil qu’on m’ait donné, et que je donne à qui veut l’entendre, c’est simplement d’écouter son instinct.

Il y a les théories, et puis il y a notre coeur de Maman ou de Papa, l’instinct plus fort que la raison, et ça, cela restera toujours l’essentiel.

Car jamais personne, probablement, ne saura aussi bien s’occuper de son enfant… que son papa et sa maman…

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Et toi, tes règles d’or en éducation, ce sont lesquelles ?

 

 

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7 réflexions sur “Education positive : version Klet

  1. Vinciane dit :

    Très bel article! Je m’y retrouve tout à fait. Merci pour les références, il y a des livres que je ne connaissais pas, je vais m’empresser d’aller les acheter car, perso, même si comme toi je n’applique pas toutes les théories à la lettre, ça me fait du bien aussi de lire, de m’inspirer pour ne pas tomber dans des travers de facilité cruels tels la fessée, pour aider ma petite à devenir elle-même, pour la remplir de confiance en elle, en nous, en la vie.

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  2. amotherinthecity dit :

    Je t’aimerai toujours, quoi qu’il arrive, combien de fois ai-je pu le lire!
    Je te rejoins sur beaucoup de points, mais me retrouve aussi dans ces parents qui disent « arrête de pleurer ». Je pense être à l’écoute, prend beaucoup (trop?) le temps d’expliquer les choses mais n’ai aucune patience par rapport aux pleurs et gémissements. Aucune. Je crois que je vais acheter le bouquin que tu recommandes. En tout cas, bien réfléchir quand sortira mon fatidique « arrête de pleurer ».

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    • kletmarietteetsatribu dit :

      Mais je te comprends tellement !!! J’ai beau être super sensible à ça, moi aussi parfois il m’arrive de dire « arrête de pleurer »… Le plus souvent, Mistinguette, me répond alors, très choquée, « mais Maman, mais on PEUT pleurer ». Implacable. J’essaye donc de différencier pleurer et chouiner. Mais je suis tout à fait d’accord avec toi, à la fin d’une bonne journée bien épuisante de Maman Guerrière, s’asseoir et prendre son petit pleurant dans ses bras en lui disant « vas-y, pleure, je t’écoute »… c’est super dur … et pas toujours très réaliste… (A mon avis, il n’y a qu’Aletha Solter qui y arrive toujours…) 😉

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