Le paradoxe du lundi matin

OU pourquoi la fin du week-end est parfois un déchirement (officiellement )  ET une délivrance (en secret)

C’est un mythe bien ancré. Celui de la déprime du dimanche soir.

Alors oui, c’est pas faux, le dimanche soir, tu as toujours un peu le coeur qui pleurniche à l’idée de repartir sur une nouvelle semaine de boulot et de déposer tes petits dans leur classe, leur crèche, leur petite vie à eux, loin de la tienne.

Mais bon, on peut se le dire ici, entre nous, personne ne nous regarde  : le lundi matin, c’est AUSSi un soulagement.

Parce que quand tu es une Maman Guerrière, les week-ends, c’est jamais vraiment tout à fait des week-ends. Je te fais pas de dessin, on sait toutes les 2 comment c’est.

Et le lundi matin, quand tu débarques au boulot, et que tes collègues, sans enfants, donc reposés (logique, on est lundi matin) te demandent la bouche en coeur « alors ton week-end? Bien reposée ? » Tu oses pas lui répondre la vérité, sous peine de passer pour une menteuse, alors tu lui dis juste la bouche en coeur toi aussi « disons que je suis bien contente d’être lundi ».

Car oui,  finalement,  la semaine au boulot, c’est du temps béni… Non ?

Alors oui, je saiiiiiis, boulot cela rime avec réunions interminables, urgences absolues, dossiers pas drôles et boss pas toujours beau gosse, mais quand tu arrives au boulot, tu sais aussi que tu vas pouvoir te payer toute une série de luxes qu’on sous-estime :

-écrire un mail du début à la fin sans être interrompue par des cris stridents d’enfants s’entre-tuant pour la Maman Duplo (celle qui a une queue de cheval blonde et un pantalon rose et qui a été officiellement baptisée « la Vraie maman »)

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-Manger autre chose que des restants tièdes déjà mâchonnés de ce magnifique crumble de patates douces/carottes oubliées/butternut (que tu avais mis trois quart d’heure à éplucher minutieusement avant de lire dans la recette que, je cite, « le butternut peut aussi se manger avec la peau »)

-faire pipi sans devoir négocier avec ta grosse voix qui se veut très menaçante pour garder la porte fermée

-échanger plus de deux phrases avec un autre adulte dans laquelle tu ne prononces aucun mot ayant un rapport, proche ou lointain, avec le système intestinal

-te brûler en buvant ton thé car il n’a pas eu le temps de refroidir (on oublie trop souvent que le thé, en général, ça ne se boit pas froid)

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-ranger le contenu de ton sac à main, c’est à dire te débarrasser des croutes de pain fossilisées, des trois kilos de mouchoirs en boule, y découvrir la Vraie maman Duplo (quand tu penses au temps que tu as passé à quatre pattes, le bras coincé sous le canapé, pour tenter de la retrouver) et réaliser, horrifiée que le  paquet de biscuits déjà ouvert que tu avais gardé « au cas où » en pliant le bord, éternelle optimiste que tu es, s’est totalement désintégré en un nombre infini de grosses miettes collantes, s’infiltrant un peu partout (on sous-estime la sournoiserie de la miette de Betterfood), et que c’est donc pour ça que la sortie audio de ton téléphone ne fonctionne plus.

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-effectuer toute une série de recherches de la plus haute importance sur internet (comment réussir un crumble sur Marmiton, game kids can play alone sur Pinterest, Les secrets des Mamans zen sur Amazon, sortie audio de smartphone sur Ebay)

-avoir une conversation téléphonique interrompue avec ton interlocuteur, sans devoir te cacher dans une salle de bain ou faire de gros yeux avec un doigt sur la bouche

Et quand arrive la fin de la journée, malgré tous ces petits luxes dont tu t’es régalée, tu te retrouves toujours à gambader comme une amoureuse qui se rend à son deuxième rendez-vous (pas le premier, car le premier on sait jamais trop comment il va se terminer) pour serrer tes petits dans les bras, et leur murmurer qu’ils t’ont manqué.

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Et leur annoncer très fièrement que tu as retrouvé la Vraie maman Duplo.

Pour toute réponse, Mistinguette te dira « je veux pas raconter ma journée », et Pimprenelle hurlera « j’aifaiiiiimmmmmm !!!!! ».

Et toi, tu te diras que tu es la plus heureuse du monde, car les petits luxes, c’est bien, mais retrouver ses petits, finalement, c’est mieux. Et cela vaut tous les lundis matins du monde….

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3 réflexions sur “Le paradoxe du lundi matin

  1. ColombesMum dit :

    Ahah quel joli article, émouvant, drôle et tellement vrai! C’est un concept, on devrait essayer d’agir au boulot comme à la maison!! Mon gyneco m’avait dit qu’à l’époque où il avait trois jeunes enfants, il préférait faire des gardes que d’être en week-end (à savoir côté fatigue!). Je n’ai qu’un enfant, mais ce que tu dis est tres vrai. Parfois c’est très dur au quotidien avec eux, mais tellement triste sans eux 😉

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