Le burn-out parental, ça te parle ?

OU ce qui guette beaucoup (trop) de parents ….

Ce sentiment d’être épuisé, dépassé, au bout du rouleau… Je parie que cela te parle…

Et bien en fait, si ça peut te rassurer, tu es loin d’être seul dans ce cas…

6 Mamans sur 10 se plaignent d’un grand stress, et près de 8 sur 10 d’une grande fatigue. C’est pas moi qui le dis, mais la Ligue des Familles dans son dernier baromètre, qui a vraiment de quoi inquiéter. 2 parents sur 10 ont même le sentiment de souffrir de burn-out.

Sans pour autant en arriver à cet extrême, on le connait tous, n’est-ce-pas, ce sentiment de soulagement quand nos petits se sont enfin endormis (et qu’on va pouvoir enfin profiter d’une soirée bien méritée pour aller s’écrouler direct dans ce lit qui nous tend les bras).

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Mais pourquoi, pourquoi est-ce tellement tabou ? Si tant de parents ressentent cette fatigue, alors pourquoi personne n’en parle ? On se sentirait moins seuls, non ? Et puis pourquoi se mettre une telle pression entre nous ? Pourquoi pas plus de bienveillance, de solidarité, de parole libérée … ?

Car quand la parole se libère, les témoignages sont bouleversants. Je connais des Mamans qui pleurent la tête dans l’armoire, explosent sur leurs petits (avant de le regretter amèrement), oublient leur vie de travailleuse, d’amoureuse. Et très souvent de femme.

Alors les filles, si on se penchait sur tout ça pour comprendre exactement ce qu’il en est, et comment on pourrait lutter contre ce danger qui nous guette toutes et tous (ou presque)…

Je vous propose ici le résumé d’une conférence sur le burn-out parental, drôlement intéressante, de la psychologue Isabelle Roskam et organisée par Parents-Thèses

La pression d’être une Mère Parfaite

Comme l’explique Isabelle Roskam, quand on vient d’accoucher, on reçoit des cartes de félicitations, pas des cartes nous souhaitant bon courage, et pourtant… il y a la face B de la maternité, ce grand secret des mamans dont personne ou presque ne parle…

L’épuisement, le chamboulement et tout ce qui va avec.

Car être parent, franchement… c’est le job le plus éprouvant au monde…

 

Le plus beau job du monde, c’est vrai, mais vraiment exigeant, et duquel (heureusement) jamais tu ne pourras démissionner.

Aujourd’hui, et plus que jamais auparavant, on doit en faire toujours plus, avec toujours moins de temps et d’énergie, et avec cette pression sociale qui nous oblige à « performer » dans tous les domaines de notre vie, y compris donc celui de parent.

Car les injonctions, claires ou voilées, sont tellement nombreuses. Sur l’accouchement, l’allaitement, l’éducation, la parentalité positive. Sur ce qu’on leur donne à boire et à manger. Sur les écoles dans lesquelles on les inscrit. Sur les jouets qu’on leur donne. Sur l’air qu’on leur fait respirer. Sur les phrases qu’on doit leur dire, et celles qu’il ne faut surtout pas.  Sur l’exemple qu’on doit incarner. Sur les punitions à ne pas donner, les récompenses à envisager. Sur les activités pour développer leur potentiel, leur créativité, leur intelligence, leur motricité, leur imagination.

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La liste est interminable, et finalement, ce regard social, posé par les psys, les pro de l’éducation et même … les autres parents, est terriblement présent… et pesant. Non ?

Et puis les enfants, c’est bien connu, sont terriblement ingrats. (Et c’est très bien comme ça d’ailleurs). Jamais ils ne réaliseront vraiment combien tu te coupes en 36 pour eux… Donc pour la reconnaissance, on repassera…

Alors le burn-out, c’est quoi exactement ? 

C’est une combinaison de deux symptômes : l’épuisement émotionnel et la perte d’efficacité. Comme lors d’un burn-out professionnel, sauf que dans le burn-out parental, il n’y a pas de distanciation émotionnelle. On aime toujours nos enfants, on fait le job, mais juste l’essentiel. Il n’y a plus de temps de qualité, plus de plaisir. On arrive à une forme de rupture.

On se sent épuisé, dépassé. On ne se reconnait plus. On a plus l’impression d’être le super parent qu’on essayait d’être… Plus une minute à soi, courir encore et toujours…

Les conséquences peuvent être dramatiques : addiction, dépression, trouble de santé psychique, ou pire encore, sans parler des risques pour le couple ou même des dangers de négligence ou de maltraitance des enfants.

En fait, il y a en nous une sorte de balance : d’un côté nos ressources (par exemple un conjoint très présent, de l’aide dans l’entourage, un boulot ressourçant, une passion enrichissante, … ), de l’autre les « stresseurs » parentaux (par exemple un job stressant, un rôle parental à assumer seule, des difficultés financières, un enfant ayant un problème de santé, … )

Tant que la balance est plus au moins équilibrée, c’est-à-dire tant qu’on parvient à compenser les « stresseurs » par les ressources, tout va relativement bien…

Le burn-out apparait lorsque la balance penche beaucoup trop du côté des stresseurs …

Ca touche qui ?

Et bien malheureusement, ça peut toucher n’importe quel parent. Qu’importe le nombre d’enfants, leur âge ou leurs éventuels problèmes, qu’importe le profil du parent…  Tout le monde peut être un jour concerné.

Chaque burn-out a son histoire, il n’y a aucune cause claire, c’est une histoire d’accumulations…

Mais le point commun des parents qui sombrent dans le burn-out, c’est d’avoir été très investi dans leur rôle de parents, en quête de perfection, et qui ont voulu coller aux images et aux injonctions de la société.

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Le burn-out, ça se soigne…

Il faut d’abord reconnaitre qu’on en souffre. Il faut pouvoir l’identifier et l’accepter. C’est déjà une étape, mais elle est essentielle. Ensuite, il faut se faire aider par des professionnels. Leurs interventions s’avèrent très efficaces.

Pour soigner un burn-out, il faut soigner le processus de base… D’une part en diminuant les stresseurs et en renforçant l’effet positif des ressources. Mais d’autre part en faisant le deuil du parent parfait, pour ne plus retomber un jour dans le burn-out.

Quant aux enfants, durant ces périodes de grande fatigue, d’épuisement, ou pire de burn-out, on oublie pas de les rassurer. Si on est fatiguée, ce n’est pas à cause d’eux, et surtout, on les aime toujours…

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On fait quoi pour l’éviter ?

S’informer sur le burn-out, mieux le comprendre, c’est déjà une façon efficace de s’en protéger. Car c’est en état conscient des dangers de cette recherche de perfection, qu’on peut éviter d’y sombrer.

Ce qui est important aussi, c’est de pouvoir identifier les ressources dont on dispose, que parfois on oublie ou qu’on oublie de solliciter… Une passion qui nous nourrit, un proche disponible pour s’occuper parfois des enfants, un conjoint à l’écoute, des moments pour souffler… Augmenter le poids des ressources pour compenser celui des stresseurs … La clé est là.

Et puis avoir toujours en tête cette jolie conclusion d’Isabelle Roskam :

Pour être un parent heureux, il faut accepter qu’il reste parfois quelques miettes sur la table de la cuisine…

Etre parent, c’est une épargne à long terme… parfois on gagne un centime par jour, parfois rien du tout, mais c’est pas grave…  On est les parents qu’on peut avec les enfants qu’on a …

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(Isabelle Roskam et son équipe ont créé un site web dédié au burn-out parental )

 

 

 

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7 réflexions sur “Le burn-out parental, ça te parle ?

  1. Maman BCBG dit :

    Merci pour cet article. Dans notre société actuelle, où avoir un enfant est de plus en plus un « choix » (car il existe tellement de moyens pour « éviter » d’en avoir… moyens pas si parfaits que cela d’ailleurs), voire même un combat, avec de plus en plus de couples confrontés à l’infertilité, ou à des difficultés pour avoir un enfant, il est assez clairement établi que « tu l’as voulu, tu l’assume. »
    Du coup, il peut y avoir une grande pression pour jouer parfaitement le rôle qui est attendu du bon parent et, sans te plaindre s’il te plait, car bon, cet enfant c’est ce que tu voulais non ?

    Oui c’est ce que je voulais (ou non d’ailleurs, parfois il y a des invités imprévus, mais qui trouvent leur place quand même et qu’on aime tout autant !), mais le fardeau est tout de même parfois lourd à porter. On dit qu’il faut un village pour élever un enfant…. en tout cas, les parents ont besoin de ressources et de soutiens, sinon c’est l’épuisement !

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    • kletmarietteetsatribu dit :

      Merci Maman BCBG de soulever ces éléments tellement vrais , ce « tu l’as voulu tu l’assumes », et ce village pour élever un enfant… c’est tellement joli, et… tellement vrai (mais tellement rarement notre quotidien, n’est-ce-pas 😉 )

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      • Maman BCBG dit :

        Je crois que le village pour élever un enfant est un proverbe africain 😉 (Et on sent bien la difficulté qu’il y a à l’appliquer quand tu es exilée en banlieue parisienne, avec les grands parents à l’autre bout du pays ^^)

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