Comment en parler aux petits ?

OU ce qu’on va leur dire, et ce qu’on ne leur dira pas.

Déjà nous, on a le coeur gros et un peu en miettes après ce 22 mars de cris et de chagrin.

Mais on en fait quoi ? On leur dit quoi à nos petits ? L’alerte 4, les écoles quand-même ouvertes, les soldats dans leurs camions qui nous disent bonjour sur l’autoroute.

Les plus grands, on le sait. On attend les questions. On répond honnêtement. On ne dit pas plus que nécessaire. On évite les images.

Mais les petits, les tout-petits ?

Mistinguette a vu les soldats qui nous protègent. Elle s’amuse à repérer les drapeaux de la Belgique aux fenêtres. Elle me dit que des papas et des mamans ont fait une blague en venant chercher ses copains et copines d’école avant même l’heure des papas et des mamans, ce mardi-là.

Mais Mistinguette et Pimprenelle ressentent-elles ma tristesse, ma sidération, mon angoisse ?

Il parait que oui. Que les petits sont des éponges. Alors j’essaye de leur parler vrai, mais sans détails qui font peur. De protéger leur petite vie, l’école et la crèche comme d’habitude, sans les serrer plus fort, sans les embrasser plus longtemps.

Protéger à tout prix leur innocence, aussi longtemps que possible.

Mistinguette a entendu qu’on avait arrêté un méchant, quelques jours avant ce 22 mars. Elle m’a demandé pourquoi il était méchant. Je n’ai pas vraiment su quoi répondre.

En lisant ce si joli article sur le blog  Bruxelles-les-oies, j’ai eu envie de ne plus parler de gentils et de méchants, de ne pas lui montrer le monde sous un angle juste binaire, et de ne pas ajouter un peu de méchanceté à tout ça.

Mais alors comment faire ? Que dire ?

Il y a de jolies pistes ici : Yapaka.

Et puis il y a cette phrase du Dalaï Lama,  soufflée par Elsa, et qui me trotte en tête depuis plusieurs jours :

Si la méditation était enseignée à tous les enfants sur la terre,
nous ferions disparaitre la violence du monde en une génération.
Alors je poursuis comme je peux sur ce chemin plein de questions et de remises en question de l’éducation positive, de la communication non-violente, de la pleine conscience. A l’écoute de leurs émotions et des miennes, dans le respect de leurs petites personnalités, de leurs limites, mais aussi des miennes…
Et toi, tu leur as dit quoi à tes petits ?

 

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